Les roses rouge sang du soleil couchant

S’éparpillent sur mon cadavre sanglant,

Les pétales noirs des roses de la nuit

Te recouvrent peu à peu ; la Lune luit

Et veille sur la clairière où je t’ai laissé

Pour t’accorder ce que je n’ai pu te donner.

 

Je hais cette lame sur ton cou délicat

Je hais cette lame qui a tranché ta vie

Pourtant je m’en suis tant de fois déjà servi

Sans me poser ni problème ni question

Exécutant les contrats sans émotion

Mais là, tout était si différent : là, c’était toi…

Sur tes épaules mes mains une dernière fois

Se sont posées, je t’ai embrassé

Puis tu as compris ce qui t’attendait

Et, je l’espère aussi, que je t’aimais

Tu l’as accepté

Sans pleurer tu t’es agenouillé

Tu as levé tes jolis yeux vers les miens embués

J’ai pris une grande inspiration, ma main n’a pas tremblé

Et j’ai regardé

Ton sang sur ton cou ciseler ses entrelacs

 

Mais je t’ai tué

Pour te protéger

Car je n’aurais pas supporté le supplice

De te voir subir les terribles sévices

Que ton clan et mon clan avaient prévus

Le mien pour faire souffrir son ennemi

Le tien pour te punir de m’avoir suivi

Horribles propos que j’ai entendus !

 

J’avais été envoyé pour t’assassiner

Pendant un an j’ai retardé l’échéance

Emu par ton regard si doux,

Si désespéré

Tu as tout laissé

Eperdu, tendre amoureux fou

Epris, tu m’as tout de suite fait confiance

Entre mes bras tu t’es si vite abandonné

Mais je ne te méritais pas

Je me suis tout d’abord montré si dur, si distant, si froid

Pour que tu ne t’accroches pas

Puis j’ai reconnu que j’étais tombé amoureux de toi

 

Nous aurions pu vivre heureux tous les deux, sans

Cette absurde et stupide guerre des clans.

 

Je voulais revenir, après t’avoir vengé

Je voulais revenir près de toi m’allonger

A tes côtés à jamais m’endormir

Et laisser la forêt nous recouvrir

 

J’entrevois déjà la forêt, le chemin, la clairière

Mais soudain j’entends autour de moi éclater le tonnerre

Une pluie de feu

S’abat…

M’abat…

Je ferme les yeux

Je laisse là mon corps

Criblé de balles, mort

J’aurai vingt-cinq ans

Eternellement.

 

S’éparpillent sur mon cadavre sanglant

Les roses rouge sang du soleil couchant…