Terrifiante…

Fascinante…

 

Sa peau est plus blanche que la neige

Ses longs cheveux sont d’argent et d’or

Sur son trône d’ivoire elle siège

Son nom est tant redouté : la Mort.

 

De nombreuses fois j’ai voulu la rejoindre

Mais elle me repousse.

Et pourtant dans ce fleuve j’ai cru l’atteindre

Que ses mains étaient douces !

Que son souffle était chaud quand le mien m’a manqué

Quand sous mon oreiller j’ai voulu m’étouffer !

Quand de toutes mes forces j’ai serré

Mon écharpe s’est métamorphosée

Autour de mon cou j’ai senti ses doigts !

Sur mes poignets tailladés

Sa suave caresse

Etait une promesse

De blessures apaisées…

Pourquoi se détourne-t-elle de moi ?

Il faut pourtant que cessent mes souffrances !

Je tente à une plus grande cadence

Les morceaux de verre écorchent ma bouche et ma gorge

L’acide poison s’écoule tel un sucre d’orge

Puis j’ai décidé

De ne plus manger

Pourtant tout cela

Ne lui suffit pas…

 

J’ai fait pleurer mes proches : je suis haïssable

Tant voulaient vivre mais elle les a enlevés

Je n’ai pas le droit de vouloir la rechercher !

Mais ma douleur devient si insupportable…

 

Alors, une dernière fois j’ai tenté

Ma tête rebondit sur le mur, rebondit

Peu à peu mon supplice vital se finit

A mesure que je sens

Contre ma nuque mon sang

Tout brûlant, frémissant, palpitant, s’écouler…

 

Elle est là, enfin, et vers moi tourne la tête

Son visage dissimulé par sa voilette

Elle s’approche et me prend dans ses bras blancs

Les yeux clos, je m’abandonne, pantelant

Lentement elle lève mon menton

Et de tout mon être je lui fais don

Elle m’enlace

Elle m’embrasse…

 

Sa bouche est sans lèvre, glaciale et dure

Et son goût de cendre est une torture

Son haleine est fétide

Et ses promesses vides

Ses longs doigts acérés

Ne font que me blesser

J’ouvre les yeux, apeuré

Sa voilette est relevée

Et je vois son visage effrayant

Je veux me libérer, haletant,

Je supplie la Vie de venir me reprendre

De me rattraper, de me voir, de m’entendre

De me réclamer, de jouer, de gagner la partie…

Et encore une fois, la belle aux yeux malicieux

M’arrache de là, me tient dans ses bras chaleureux

Ses longues boucles brunes sur ma peau endolorie

Sont si apaisantes, si douces… J’ouvre les yeux

Je suis vivant, et finalement j’en suis heureux

Mais je ne serai plus jamais le même :

De la Mort j’ai vu le visage blême…